Velasquez, l'Immaculée conception, 1618Un billet sous forme de poème ou de roman d'amour sans effort, ça vous tente ? Essayez
le générateur de mots d'amour ! Il vous suffira de répondre à quelques questions simples. Le site vous concoctera ensuite un texte personnalisé en quelques minutes.
Ceux qui croulent sous les commandes de pages pourraient peut-être se délester ainsi de quelques lignes ?
Ceux qui gèrent une vingtaine de blogs auraient également l'occasion de produire un billet sans trop se fatiguer pour une fois. Les
nombreux amoureux blogueurs de ma
connaissance verraient leur
moitié rougir de plaisir en recevant leur déclaration passionnée, rédigée à peu de frais. Si vous êtes
blogueur politique, il faudra simplement prendre soin d'injecter le bon vocable afin de déclarer votre flamme à votre parti ou à une mesure dont vous êtes éperdumment épris (les 32 heures, la renationalisation d'EDF...).
A présent, voici le roman instantané, créé en trois minutes, que je dédie à S., mon preux chevalier anticapitaliste :
Les Noces De Pixelpar Marie-Georges Profonde
Les cheminées fumantes enveloppaient Paris d'une brume artificielle, et firent tousser S.. Celui-ci sourit, sans trop savoir pourquoi, à une vieille dame qu'il croisait. Il traversa le zoo, et bizarrement sourit au lion qui le regardait d'un oeil morne. Plus vite qu'il ne l'aurait pensé, il se retrouva devant la porte.
Sans attendre, il sonna. Quelques secondes s'écoulèrent. Les tempes de S. battaient. Comme personne n'ouvrait, il sonna une nouvelle fois. Mais rien ne se passa. Il frappa, sonna, frappa, sonna encore et encore... puis il décida d'attendre.
Il attendit une heure. Puis deux. Au bout de trois heures, désespéré, il se leva, et après avoir sonné une dernière fois, tourna les talons et s'en alla. Mais à peine fut-il en route qu'un bruit de verrou attira son attention. Il fit volte-face, et aperçut Marie-Georges sur le pas de la porte.
- Je... excuse-moi, dit-elle. Je suis désolée, je... je...
- Tu es si myope, la coupa S..
- Entre, ajouta Marie-Georges.
S. la suivit jusqu'au salon.
- Assieds-toi, fit Marie-Georges.
Il se laissa tomber dans un fauteuil et poussa un soupir d'aise. Un silence s'ensuivit. Puis Marie-Georges, qui le regardait, lança doucement:
- Alors? Tu ne m'embrasses pas?
S. sourit.
- Je fais durer le plaisir, dit-il.
Puis il ajouta:
- Approche...
Marie-Georges s'exécuta, et S. posa sur sa bouche un baiser silencieux. Puis un autre. Encore un.
- Je...
Mais elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, ni même de la commencer, puisque S. la gratifia cette fois d'un long et tendre baiser. Quand cela fut terminé, Marie-Georges sourit.
- C'est toi qui embrasses le mieux de tous mes amants, dit-elle.
- Petite dévergondée, rit S..
Une fois de plus, S. prononça les trois mots magiques.
- Je t'aime.
Mais cette fois-ci, cela sonnait autrement. C'était plus beau. C'était plus fort.
- Cela fait déjà deux mois... deux mois que nous nous sommes vus... deux mois que la foudre m'a frappé... et tu es la seule personne que j'aie jamais aimée.
- Oh... c'est bien vrai?
- Oui, c'est vrai.
- Mon coeur... ce que tu me dis, c'est la chose la plus belle que jamais je n'ai entendue. Tu es aussi anticapitaliste à l'intérieur qu'à l'extérieur.
S. rougit. Il se sentait bien. Au loin, un pachyderme criait. Tout près, son coeur battait. Là-bas le jour passait... ici, tout était arrêté.
- Ma puce... Marie-Georges...
Mais il ne put continuer. Une fois de plus, leurs lèvres se rejoignirent. Ils déliraient presque tant la fièvre les gagnait... ils étaient en haut d'un arbre généalogique, en train de escalader à l'air libre. Près d'eux, Eugène Pottier chantait ''L'internationale'' en les regardant. Comme frappé d'un coup de foudre, S. fasciné eut à peine le temps d'apercevoir, dans un éclair, comme dans une toile de Nicolas Poussin, Marie-Georges réincarnée en sirène... Ecume bouclée, vagues ébouriffées, ciel baigné de nuages qui font cligner la lune, commissures nacrées de lèvres de coquillages, le sourire émaillé de corail blanc, la voix lactée et les seins nus étoilés de mer... tout disparut lorsque S. rouvrit les yeux.
- Marie-Georges...
- Oui?...
- Marie-Georges... veux-tu m'épouser?...
- Oui... fit-elle doucement.
Toute la nuit, ils restèrent enlacés, à parler, ou à s'embrasser.
- Je t'ai déjà parlé de Antoine? Demanda S..
- Non.
- Il m'a dit un jour que je ne pourrais jamais séduire qui que ce soit, même une folle.
- Il ne faut pas écouter ce genre d'idioties... comment pouvait-il te dire ça, à toi, qui es si... intelligent!
- Tu ne le connais pas. Sa bêtise dépasse l'entendement.
- Je veux bien te croire!
Puis ils se promirent de s'aimer éternellement, et l'éternité commença pour eux.