samedi 24 mai 2008

Symphonie pastorale

Retour au pays du chant des rossignols et des mammifères bêlants. Comme j'aime m'extraire du couac parisien pour retrouver ce fond sonore peuplé de vies et de temps qui prend son temps ! Parce que franchement, le rossignol, il déploie son répertoire comme d'aucuns leur serviette de plage : tran-quille. Pas d'angoisse de l'urgence chez les bêtes du bourbonnais. Vous noterez qu'un bêlement de mouton aussi, ça prend mollement son élan façon cornemuse pour atteindre le volume et la note escomptés. "La ville, c'est une fausse note dans la mélodie de la vie", m'écriai-je, sourire niais et neurones guimauve. Soyez indulgents. Je vous mets au défi d'écrire de la même façon au milieu des klaxons et des interpellations de rue qu'en plein chuchotement de feuillages. Gazouillis ou gazole, autre combat. De même, je vous parie un trèfle à quatre feuille que vous ne causez pas pareil sur une moquette synthétique premier prix collée par-dessus la dalle de béton de votre chambre de bonne avec vue sur carrefour ronflant, que la voûte plantaire chatouillant les tomettes d'une ferme empoutrée de chêne massif, dressée au milieu d'un tapis de verdure vallonné. Votre débit, le volume de votre voix, votre intonation, le choix de vos mots, tout s'en trouve changé. Oui ! Comme le père de Lucie, je défends bec et griffes la thèse environnementaliste, que j'étalerais jusque dans le processus de l'écriture. Et pour cause : les effluves de pétrole ou d'herbe fraîche influent sur ma façon de respirer, donc sur mon inspiration. Ma colonne vertébrale s'anime de cliquetis réjouis quand je me balade au beau milieu de la campagne, comme si le fait de m'imaginer en quadrupède ongulé galopant dans les prés réglait mes maux autant que mes mots. Peut-être même que mes poils accélèrent leur pousse ? Meuh non. Faut pas pousser (injonction à l'adresse de mes poils). Tout ça n'est qu'un cadre. Fut-il splendide, il n'est qu'une verte marquise pavoisant l'unique élément d'importance ici : le personnage qui, Gitane au bec et yeux rivés sur les cieux, guette un rayon de soleil pour aller tondre son jardin, planter des radis et nourrir les chats du hameau. Vous ai-je déjà dit que j'aimais mon père ?
Note : le titre est délibérément piqué à une chanson que j'aime, où l'on se promène dans une forêt de titres, écrite par Brigitte Fontaine... que j'aime.
Note 2 : A propos de couac, je suis au diapason avec le Canard enchaîné - que j'aime -, qui titre cette semaine "A l'UMP, on ne sait plus qui fait couac !" Hi hi hi !

2 commentaires:

Juan Selenita de Siestacorta a dit…

Une seule chose à répondre : piou-piou cui-cui.

Marie-Georges Profonde a dit…

Merci de perpétuer l'ambiance :))