mercredi 11 juin 2008

Suivant les pointillés

"Si ça continue j'vais me découper" hurlai-je tout bas, du haut de mon lit. Face à une santé en dents de scie, me voilà prête à en découdre. Mon état fébrile me lancine. Je rêve d'exécuter un strip-tease intégral façon Benny Hill, lorsqu'il enlève tout : le haut, le bas, les bras, les jambes, jusqu'au squelette qu'il finit par démonter aussi.
Le grand machin qui se meut sous ma tête semble avoir des réclamations à faire. Si vous êtes comme moi, la plupart du temps vous êtes un pur esprit qui croit qu'il s'est fait tout seul. Mais quand la fièvre vient vous râcler l'espace entre l'os et le biceps à la petite cuillère, vous êtes bien obligé d'admettre sous la torture que cette partie existe au même titre que les autres. Silence, Marie-Georges, ton corps essaie d'entrer en contact avec toi, l'entends-tu ? Un râle pour oui, deux pour non... Flippant tout de même, quand on n'est pas accoutumé à ce spiritisme corporel. Déjà que les grincements de mes genoux n'avaient rien à envier aux grilles des vieux cimetières...


Je vais tenter de me calmer. Ce n'est qu'un petit virus. Et, comme me l'a expliqué hier mon docteur, chaque maladie possède son histoire naturelle. Et l'histoire naturelle de ce virus-là, c'est de faire trois petits tours et puis s'en va. Rien de dramatique. Ainsi font, font, font, les petits ganglions...


Je remonte donc sur mon lit. Las, je me sens beaucoup plus en forme lorsque j'essaie de dormir. Tandis que mon cerveau échafaude inlassablement deux colonnes d'arguments sur le thème "pour ou contre aller bosser demain", mon sang continue de bouillir par tous les pores. Je grésille sur mon matelas et, en me retournant sans cesse comme un sanglier sur bâton dans un épilogue d'Astérix, me vient cette phrase de circonstance : "Tu t' chopes des suées à Saïgon." Je l'ai toujours bien aimée, celle-là.
(La BD est de Crumb, je sais pas mettre une légende quand l'image est placée à gauche.)

3 commentaires:

Audine a dit…

moi aussi j'adore Bashung.
C'est marrant parce qu'en ce moment j'ai les paroles "c'est pas facile, facile de s'foutre en l'air", pour un début d'une histoire ...

Quand je ne suis pas bien, j'aime bien rester dans un semi coma, au lit, à écouter la radio.
Jusqu'à ce que se lever s'impose por autre chose que d'aller faire pipi ou me faire un autre bol de thé aspiriné.
Couraaaaaaaaaaaaaaaaaaage.

Marie-Georges Profonde a dit…

Ce jour est arrivé pour moi ! Merci Audine :-)

Monsieur Poireau a dit…

Pour faire le lien avec la culpabilité, il convient de citer la suite du texte avec "la mère sup' m'a vu v'nir" ! :-))))

[J'aime bien l'idée du pur esprit mais quand même obligé de supporter un corps dessous !]

:-)