vendredi 25 avril 2008

Âge normal et poids idéal, ou la quête des terres du milieu

C'est en fac d'arts plastiques que j'entrepris de rédiger un mémoire sur mes peintures. A l'époque j'esquissais de grandes dames qui apparaissaient dans des taches noires, façon "j'aurais pas dû boire avant de faire ce test de Rorschach". Tout ce que je pouvais en écrire, c'est qu'à partir de traces je voyais des corps et que je n'avais plus qu'à les fignoler pour qu'ils apparaissent aux yeux de tous. Pour raconter tout ça, j'élaborai ce plan : chapitre 1 "Commencer", chapitre 2 "Finir". Vous imaginez bien la réaction du jury : "Mais mademoiselle, quid entre les deux ?" ; j'avais répondu que quand je peignais, je commençais puis finissais, sans jamais me retrouver entre les deux. Depuis j'ai constaté une chose, c'est que le milieu n'existe pas plus en peinture qu'ailleurs. Ca doit être pour ça qu'on le recherche partout ?! Existe-t-il vraiment, ce poids idéal, celui qui est entre le trop gros et le pas assez ? Y a-t-il un âge où l'on n'est ni jeune ni vieux ? Moi je demande ça... J'estime par exemple avoir atteint l'âge du milieu (35 saint Médard au compteur... Alors ? Jeune pousse, âge de raison ou vieille fille ?) et je vous parie un Sencha de chez Mariage frères que seuls ceux de mon âge voudront bien abonder dans mon sens. La réponse aux interrogations susdites, vous la connaissez : si tout flatteur vit au dépens de celui qui l'écoute, tout être normal ne l'est qu'au regard de celui qui l'observe. Je sais, en disant cela je n'ai pas inventé l'eau ni chaude ni froide. Je réagis simplement à cet article. Je voulais dire à son auteure que ceux qui la pensent anorexique sont sans doute juste des gens plus gros qu'elle et que leur préoccupation est aussi réelle qu'infondée. La vie consisterait peut-être à apprendre à rassurer l'entourage, une fois soi-même soulagé d'être raisonnablement anormal ? Moi qui ne cesse de suivre assidûment le régime Yvette Horner (mon tour de taille variant aussi frénétiquement qu'un instrument à soufflet entre les mains de cette célèbre artiste), je vois bien qu'arrivée au poids le plus bas mes semblables m'applaudissent tandis que les plus rembourrés s'inquiètent, l'inverse se produisant tout autant. Conclusion : rien de tel qu'un régime yoyo pour éprouver la théorie d'Albert sur la relativité. Alors comme lui, tirons la langue aux vérités immuables.

2 commentaires:

britbrit a dit…

Le plus embêtant c'est aussi la visite médicale pro : "vous devez manger madame..."

Marie-Georges Profonde a dit…

Bonjour Britbrit :) ah ça ! Tu me fais penser que je dois absolument écrire là-dessus... Des médecins pas malins et alarmistes, y'en a, notamment en visite médicale pro, je me demande si on n'a pas eu le même :-))